laisser des traces de sa démarche / aussi c'est le 12 août
parce que la réponse est pas si importante, au fond
c’est un peu con lancer un substack en 2026, sérieusement, parce que plus personne lit. plus personne a la capacité d’attention nécessaire. on écoute. on regarde. on reçoit. mais on lit pas. lire c’est un investissement pis si l’investissement me rapporte pas de l’argent pourquoi j’investis.
on lit des affaires qui vont nous rendre plus productifs ou des trucs pour devenir meilleur ou de la croissance personnelle ou pour faire de l’argent. en fait on lit pas, on envoie une IA lire à notre place quelque chose qu’une IA a écrit à la place d’un expert. faudrait pas perdre son temps. faudrait pas que ce soit inconfortable. faudrait pas qu’on regrette d’avoir lu la mauvaise affaire.
les mots sont plus vraiment importants. l’important, c’est l’idée derrière. on s’en torche du chemin, il y a une destination au bout, pis la fin justifie les moyens.
(on reparlera de comment cette façon de mettre l’idée au centre de tout, au dépens de comment on s’y rend, a fait le jeu des apôtres de crisser ses idées dans une IA pour chier un texte moyen en retour - si vous voulez lire des textes moyens, j’ai plein d’auteurs à vous suggérer, mais au moins ils sont moyens à leur façon, pas moyen comme moyen comme average comme la somme de tout ce qu’il y a de plus fade comme écriture sur internet comme la manière dont écrivent tous les robots)
quand j’étais jeune dans les examens de maths c’était écrit laissez des traces de votre démarche pis ça c’était cool parce que ça nous forçait à penser un peu pis à se soucier de comment le prof allait nous voir penser. moi je pense que partout sur les réseaux sociaux, dans la vie, dans les toilettes de mon café préféré pis dans ce qu’il reste des journaux, ça devrait toujours être écrit ça, laissez des traces de votre démarche.
parce que des idées, tout le monde en a. c’est facile à emprunter. la plupart de mes idées j’ai commencé par les apprendre de quelqu’un d’autre, à les observer de loin, pis je me suis mis à réfléchir, à dialoguer avec ces idées-là, en espérant que ça puisse me faire évoluer.
mais c’est rare que j’adopte une idée si je la comprends pas un peu avant. pis c’est ça le problème que j’ai avec ben des affaires aujourd’hui: on est tellement prêts à accepter les idées sans trop s’intéresser à comment c’est possible, organiquement, en pensant un peu, d’y arriver.
ça me décalisse pis ça me fait peur. c’est le fun un raccourci, ça t’amène à ta destination plus rapidement que si tu l’avais pas pris. mais t’sais dans super mario sur la nintendo c’était possible de finir le jeu en prenant deux trois shortcuts pis voilà tu sautais sur la tete de bowser pis t’avais fini le jeu en cinq minutes la cassette était rangée et on passe à autre chose. mais en faisant ça tu ratais 8 mondes pis 32 niveaux.
c’était facile, battre le jeu comme ça. mais tu devenais jamais meilleur. jouer le jeu, c’est risquer de se planter. jouer le jeu, c’est risquer de devoir recommencer.
je m’en vais où avec ça?
laisser des traces de sa démarche, c’est un exercice d’humilité. parce que parfois on arrive à la bonne réponse mais on est pas passé par le bon chemin. parfois on arrive à la mauvaise réponse pis c’est embêtant de comprendre pourquoi si tu peux pas remonter à l’origine de l’erreur. celle qu’on encercle au crayon rouge. celle dont on a honte.
mais on devrait pas avoir honte de se tromper. parce que se tromper, c’est la preuve qu’on a essayé. pis moi j’aurais toujours de la patience pour quelqu’un qui a au moins essayé.
aparté du douze août
c’est le 12 août aujourd’hui, pis j’aimerais ça vous suggérer quelques livres que j’ai lu récemment pis qui m’ont aidé, et qui m’aident encore, à les trouver, mes réponses, à l’intérieur de moi. des livres en forme de dialogue. des livres qui célèbres les traces qu’on laisse, pis qui nous aident à avancer parce qu’elles ont pas de certitudes, juste plus de questions, juste des équations compliquées à décortiquer. des livres en forme d’invitation.
lire, c’est tomber en amour avec tout ce qui vient avant l’illumination.
mes recommandations - attention, c’est all over the place pis c’est pas juste de cette année. désolé, je connais pas les règles.
le féminisme pop, sandrine galand
je sais pas s’il est encore en librairie, mais c’est le livre de mon amie. si vous vous intéressez aux contradictions, à la tension entre la culture pop et le féminisme, mais aussi à ce qui peut en ressortir de beau, garrochez-vous!
la version qui n’intéresse personne, emmanuelle pierrot
ce livre-là m’a fait mal. il m’a bouleversé, mais c’est un grand livre, difficile à lire, mais qui parle d’impuissance, de colère, d’amitié, de trahison, et comment les hommes sont petits.
document 1, françois blais
moi je suis un françois blais stan. je pense que tout le monde devrait le lire. c’est drôle, c’est léger, c’est touchant, c’est vif, c’est pop, c’est françois blais <3
les pénitences, alex viens
qui eut cru qu’on pouvait encore écrire des huis-clos forts de même, dense de même, opprimant de même? c’est violent, c’est touchant, pis c’est vrai.
la musique dans le sang : une histoire orale de musiqueplus, marie-lise rousseau
journaliste et passionnée de culture, marie-lise dresse un portrait éloquent de c’était quoi, à un moment donné, l’épicentre de la culture populaire au québec: une gang de vj avec des caméraman qui aimaient vraiment ça cadrer penché.

